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Qui sommes-nous?

Les Objecteurs de Croissance  du 62 (Pas-de-Calais)  s'inscrivent dans la dynamique des Etats Généraux  de la Décroissance Equitable ( EGDE) qui ont été lancés à Lyon en Octobre 2005.
Notre but est de faire mieux connaître l' idée de décroissance, par différents moyens:
- l' organisation de débats citoyens,
- les marches pour la décroissance,
- l' appui aux initiatives qui font avancer concrètement la décroissance.
Nous refusons la société de consommation et cherchons des alternatives à cette société, en mettant en avant:
- la simplicité volontaire
- le partage
- la démocratie participative.
 
Samedi 21 avril 2007





Au sein des EGDE, nous avons entrepris l' élaboration d' un projet de société basé sur la décroissance. Dans les lignes qui suivent, le lecteur ne trouvera pas un résumé de nos propositions, ce qui aurait pris trop de place, mais une présentation des réflexions et des principes qui guident notre travail.

                                                                                           ***

    Le regain d' intérêt présenté par l' idée de décroissance ces dernière années est un phénomène qui interpelle. Il traduit sans aucun doute   une prise de conscience plus forte des risques planétaires, à la fois sur le plan environnemental ( réchauffement climatique, appauvrissement de la biodiversité,  épuisement des ressources naturelles, problème de l' eau...) et sur le plan humain ( crise urbaine, maladies liées à la pollution, montée des exclusions...)     
      Présentée par certains de ses partisans comme une idée neuve, la décroissance était déjà avancée, au milieu du siècle précédent, par des penseurs écolo-alternatifs comme une solution à la crise naissante. Elle  inspira les choix de société faits par les mouvements écologistes dans la foulée de mai 1968.
      La percée actuelle de la  décroissance dans l' opinion peut être comparée à celle de l' écologie dans les années 70. On peut penser qu' elle tente d' occuper l' espace laissé vacant par les écologistes, en particulier  par les Verts, en raison de leur  positionnement actuel. 
 Les décroissancistes doivent tirer la leçon de l' échec relatif de l' écologie politique s' ils veulent réussir la transformation sociale.
     A ses débuts, l' écologie politique a un apporté un grand souffle contestataire. Elle a  remis en cause  la  société de consommation,  l' urbanisme inégalitaire et déprimant des grandes villes, le mode de vie  aliénant symbolisé par la formule « Métro, boulot, dodo». Elle a cherché à faire reculer l' individualisme petit-bourgeois et les  valeurs portées par le capitalisme. Elle s' est interrogée  sur la notion de progrès, a  critiqué  profondément une civilisation technicienne qui éloignait l' homme de ses racines, qui le déshumanisait.
     Puis le mouvement écolo  s' est peu à peu dilué en passant  du stade contestataire au stade gestionnaire.  En France, depuis leur  entrée dans la politique institutionnelle, les Verts apparaissent de plus en plus comme un appendice de la social- démocratie. Quant au mouvement fondé par Brice Lalonde, il a renoncé  aux valeurs fondamentales de l' écologie en  rejoignant le camp de la droite.
      L' écologie politique avait en mains tous les atouts  pour animer la transformation sociale. Elle n'a pas réussi à se faire entendre sur son   projet alternatif de société.   La mise en avant des questions environnementales a occulté le message social des écologistes qui était pourtant novateur. On ne peut oublier en effet que les écologistes ont contribué par l' expérimentation sociale à lancer des pistes qui étaient des brèches dans la société capitaliste et qui tentaient de construire une société alternative. Citons entre autres: les coopératives artisanales ou agricoles, les radios libres, les réseaux d' information, les écoles parallèles, la diffusion des technologies douces et  plus récemment  la création d' entreprises basées sur les principes de  l'  économie solidaire.
Par ailleurs  les  écologistes   ont  négligé l' apport que constituait la systémique, ce mode de pensée révolutionnaire qui, en introduisant   l' idée de complexité, d' interdépendance, d' interaction, conduit à  prendre les décisions les  plus justes, en prenant en compte les effets de celles-ci sur le long terme.
      Aujourd'hui, le mouvement décroissanciste, dans sa grande diversité, s' appuie sur la pensée qui avait inspiré l' écologisme ( Georgescu- Roegen, Ivan Illich...) mais appréhende les problèmes d' une autre manière. Les partisans de la décroissance n' abordent pas la crise actuelle par le biais de l' environnement mais par une attaque frontale de la croissance et de sa mesure,  le PIB.

Si l' on peut constater qu' il existe au sein de la mouvance un  consensus pour  critiquer  la société actuelle et   les valeurs  à porter pour sortir de la crise (la simplicité volontaire, la sobriété, le partage ), il faut bien admettre que cette  mouvance est multiforme, ce qui ne facilite pas sa structuration au niveau national ou européen.
   C' est dans ce contexte complexe que furent lancés à Lyon, en octobre 2005, les Etats Généraux de la décroissance équitable. Leurs initiateurs, parmi lesquels on comptait Paul Ariès, Jean-Claude Besson-Gérard, des rédacteurs du journal La Décroissance, espéraient faire entrer le thème de la décroissance dans le débat de la présidentielle de 2 007, comme René Dumont l' avait fait en 1974 pour l' écologie.
   La rencontre de Lyon, malgré un nombre important de participants, fut un échec. A son issue, le collectif initial perdit une partie de ses membres. Ceux qui pensaient qu' il fallait poursuivre le travail collectif entrepris dans de nombreuses régions de France, sur la base de dix thèmes proposés  par  les EGDE, constituèrent une association qui s' est donné pour but de promouvoir la décroissance.
    La création d' un mouvement politique nous paraissant prématurée, nous avons donné la priorité au débat citoyen et à l' échange de  pratiques expérimentales. En nous   appuyant  sur une réflexion collective enrichie par les expériences concrètes des uns et des autres, nous souhaitons faire émerger une alternative aux politiques traditionnelles. L' élaboration du projet de société solidaire, économe et autogérée sur lequel nous travaillons est une rupture avec les choix fondamentaux du capitalisme productiviste et mondialisé qui nous entraîne dans une impasse écologique. 

                                                                                     Du constat aux propositions

          La crise écologique planétaire, la crise sociale dans les pays développés et la misère dans le Tiers Monde  sont liées.  Au cours des prochaines décennies, si la logique capitaliste persiste, les problèmes environnementaux et sociaux vont s' aggraver,  contraignant à l'exode et à la pauvreté une grande partie des paysans (et de leurs familles) qui constituent actuellement près de 50 % des emplois mondiaux. Aujourd' hui,  20 millions de personnes  sont des réfugiés écologiques. On estime qu'ils seront 50 millions en 2020 si rien n'est fait.
Cette hypothèse nous oblige à  abandonner le modèle de développement actuel et à concevoir une société bâtie sur des principes radicalement différents. L' option prioritaire est de remettre en cause le principe de  croissance et d' abandonner toute référence au PIB.
Schumacher écrivait que « la croissance, c'est produire plus, sans tenir compte de la nature des productions.» Poursuivre infiniment dans cette voie alors que nous sommes dans un monde fini n' est pas imaginable. Mais soyons clairs: l' engagement dans le processus de décroissance n' a de sens que dans une société qui abandonne le profit comme moteur de son existence. Envisager la  fin de la croissance à l'intérieur du système capitaliste signifierait l' aggravation de la pauvreté, du chômage et des inégalités. Il faut donc lier la discussion sur la croissance à celle du  dépassement de la logique du profit.
Pour cela, il faut impérativement  subordonner l'activité économique à des choix politiques qui garantissent l' égalité des personnes, leur citoyenneté, ainsi que la restauration et la préservation  des équilibres écologiques.

 L'écologie a montré les interdépendances qui existent entre l' homme et la biosphère. Or depuis deux siècles, la sphère économique s'est progressivement isolée des deux autres. L'économie doit recréer des liens avec l'humain et la nature, il faut qu' elle introduise l' éthique dans ses principes.  Hans Jonas écrivait: " Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie humaine sur terre". Voilà une proposition essentielle.
Il faut d' autre part créer les conditions (essentiellement par les moyens législatifs) pour que l'économie se donne des objectifs nouveaux: respect de l' environnement et de la santé, utilité sociale, introduction de la démocratie dans l' entreprise.

La société alternative basée sur la décroissance s' appuie sur une autre logique, sur d' autres valeurs, que la capitalisme. Quand celui-ci choisit    le gigantisme et la mondialisation, l' exploitation de l' homme et de la nature afin d' augmenter les profits du patronat et des actionnaires, la société alternative choisit la sobriété, la relocalisation et l' autogestion pour économiser l' énergie et les ressources naturelles, pour rendre à l' homme sa dignité.
Contrairement à ce que déclarent nos détracteurs, nous ne proposons pas un retour en arrière mais au contraire une nouvelle étape, en introduisant  une plus grande rationalité, une meilleure connaissance de la matière et du vivant.Lorsque nous parlons de  sobriété nous faisons  un appel au bon sens et nous choisissons la pensée écologisée comme méthode.
Nous voulons  agir sur tous les paramètres pour  lutter contre  les gaspillages,  par exemple en profitant au maximum de la lumière naturelle, en ne consommant que des fruits et légumes de saison pour limiter les transports, nous proposons un autre aménagement du territoire, basé sur l' abandon du zonage afin de diminuer les pertes de temps dans les déplacements, le stress et les dépenses énergétiques. Mais La sobriété n'est possible que s' il y a  rupture avec les habitudes et courage politique pour lutter contre  les intérêts établis.
Dans cette vision de la société, le PIB n' a plus de sens. Pour mesurer l' impact des différentes politiques, il faut que les indicateurs prennent en compte les critères  qualitatifs. Il en existe déjà  quelques-uns qui vont dans ce sens: l' IPA (indicateur de progrès) , le GPI ( IPV en Français - indicateur de progrès véritable - mis au point par un institut californien).
Mais notre préférence va à la démarche entreprise  ces dernières années, l'une en Suisse auprès d' agriculteurs, l'autre au Canada, qui est une démarche citoyenne appuyée par les réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP) Ceux-ci  ont aidé les citoyens à identifier les indicateurs techniques correspondant aux thèmes que ceux-ci  avaient choisis. L' indice de qualité de vie et de bien-être défini prend en compte, dans l' ordre de priorité des Canadiens:  les droits démocratiques et la participation, la santé, l'éducation l'environnement,les conditions sociales, les programmes sociaux. Et l' on constate  que l' économie  et l' emploi sont  cités en avant-dernière position par ces citoyens.
 
      La société alternative doit également s' attaquer aux monopoles radicaux.Selon Illich, il y a monopole radical quand l'outil prend le contrôle intégral de la satisfaction du besoin.
En matière de santé par exemple,  l'institution médicale exerce un monopole. Or la santé, chacun le sait, ne peut pas se réduire à des prescriptions médicales, c'est  une question complexe dans laquelle interviennent notamment l'alimentation, le rythme de vie, l' environnement, l' éducation préventive.
De même, l' éducation ne peut être réduite à l' Education nationale  et au système scolaire qui  depuis les lois de Jules Ferry n' a pas réussi à diminuer les inégalités sociales.
La transmission des savoirs ne se fait pas seulement à l'école, mais aussi dans les familles, les associations (notamment culturelles), les entreprises artisanales, etc...
Nous pouvons nous inspirer des îlots de résistance qui ont permis de dessiner l' ébauche d'une école alternative, malgré les obstacles qu'ils ont rencontrés: Célestin Freinet et les adeptes de ses méthodes, l'Ecole émancipée, etc.pour imaginer l' école alternative. Celle-ci doit être conçue dans le cadre d'un grand service public chargé de l'éducation permanente, tout au long de l'existence, s' appuyant sur  l'école, en liaison avec des organismes mis en réseaux et encourageant l'auto-formation.
 Cela suppose une remise en cause de la scolarité dans un temps et un espace figés et évoluer  vers une formation permanente et conviviale. La mise en place de réseaux  permettrait de mettre en rapport les détenteurs et demandeurs de connaissances et d'informations.


                                       
                                                                                   Réenchanter l' homme
 
Dans le projet alternatif, le ré-enchantement est une idée essentielle.
Ce ré-enchantement pose d'abord la question du rapport entre l' homme et la nature.
La nature dont il s'agit ici n'est pas limitée à l'environnement. comme le rappelle Serge Moscovici, elle est "une nature historique à laquelle nous donnons un état différent à chaque ère de l'histoire". La nature "est pour nous l'idée qui comprend tous les chemins possibles, dans le temps, entre le hasard et la nécessité contraignante".
La nature est  aussi, comme le formule Dominique Simonnet, «  le milieu personnel, la nature de l'individualité humaine, la conscience que chacun a de soi»
Le retour à la nature, c'est une nouvelle pratique de la nature, c'est le fait de renouer des relations avec le milieu, de trouver l'harmonie avec l' environnement social et technique. C'est une autre conception de l'aménagement du territoire ( certains auteurs préfèrent parler de ménagement du territoire), c'est  une autre conception de  l' urbanisme.     
Réenchanter l'être humain, c'est  lui permettre de retrouver sa liberté, son autonomie individuelle, c'est  lui redonner la force de réagir contre l'uniformité, contre le conformisme, c'est  faciliter  son intégration dans un groupe social qui n' étouffe pas son individualité et où les générations se mélangent, où les hiérarchies sont atténuées, où les différences sont acceptées et les minorités respectées.
C'est  se révolter contre un monde cloisonné et injuste, c'est refuser l'enfermement dans la société dite de consommation, de laquelle sont exclus des millions de gens. C'est retrouver les joies de la créativité, la dimension poétique de l'être humain.
Cette vision utopique exige de repenser entièrement le travail et le système des revenus afin de permettre à tout homme, toute femme, de vivre dignement, de l'enfance à la vieillesse.

 La nature du travail a changé. Avant l' ère industrielle, le paysan, l'artisan, trouvaient un certain épanouissement dans leur travail, malgré la dureté  des tâches et  l'incertitude  des revenus, dans une société où la solidarité n'existait que dans un cadre familial ou relationnel. Le travail avait alors un sens. Victor Hugo a magnifié «le geste auguste du semeur.» Plus près de nous, Eugène Guillevic  a décrit son admiration pour le menuisier qui tire  «parti du bois.»
Avec le taylorisme et le fordisme, le travail est devenu aliénation. Si le salarié moderne  effectue de moins en moins de travaux pénibles  car ceux-ci sont réalisés par des machines, il n'échappe pas aux formes modernes de la division du travail. Les opérateurs, les agents  d'aujourd'hui, sont  de plus en plus soumis à un processus qui leur donne à remplir une tâche parcellaire qu'ils ne maîtrisent pas, sur lesquels ils ne peuvent  influer. Dans l'organisation abstraite qui va de la conception à la consommation en passant par la production et la commercialisation, il n'est qu'un rouage, un pion souvent précaire et jetable à la prochaine délocalisation.
La société alternative que nous souhaitons met l' épanouissement de  l' homme multidimensionnel au coeur de son projet. En travaillant moins, dans une société autogérée, attentive au lien social, l' homme retrouvera sa dignité et donnera du sens à sa vie. 
Bernard Caron
par Les Objecteurs de croissance62 publié dans : coc62
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Samedi 5 août 2006

 Barcelona 1936...

 

 

Quand la féminité l’emportera… 

                              

Ils ont à la bouche, Dieu, les droits de l’homme, la patrie. 

 Ils disent défendre la liberté et souhaiter le bonheur du peuple. 

Ils sont les bons, les sauveurs, les vengeurs. 

Ils arborent le costume cravate bon chic bon genre. 

 Ils décochent des sourires et des poignées de main médiatiques.

 Mais c’est à des armées implacables.

Qui éliminent dans un jargon médical « des milliers d’ennemis ».

 

Qu’ils commandent. 

Ils ne peuvent plus nous  tromper ? 

Ces hommes, qui défendent leur vision machiste du monde.  

Avec de véritables armes de destruction massive. 

Ils « extirpent le mal ! ». 

Sans tenir compte du droit à la vie d’autrui ?  

Des rejetons d’idéologies terroristes et liberticides. 

Peuvent-ils être les représentants de civilisations ? 

La terreur armée n’est pas une réponse de la raison. 

Je souffre !  

De cette haine déchaînée.  

De cette machinerie meurtrière, infernale et insensée. 

Qui martyrise l’humble, la vie, la féminité, l’enfance. 

De quelle quantité de sang ces barbares, ont-ils besoin ?

Pour enfin cesser de pourrir l’humanité. 

L’Histoire doit enfin se souvenir. 

De cette haine que vomit l’homme qui a peur.  

Car le vrai courage n’a pas d’arme ! 

Le désarmement planétaire voilà la tache. 

Il faut s’y atteler ! 

Où sont les hommes politiques courageux ? 

Qu’en pensent les femmes ?  

 

Miguel Torres, le 5 août 2006.

 

 

 

 

 

 

 

 

par Les Objecteurs de croissance62 publié dans : coc62
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Jeudi 20 juillet 2006
Près de 400 partisans de la décroissance se sont retrouvés pendant trois jours à Saint-Nolff  (Morbihan)  en prolongement de la rencontre de Lyon le 15 octobre dernier qui a marqué le début des
Etats Généraux de la Décroissance équitable.
Trois jours de réflexion sur les thèmes de la vie quotidienne et de la société, dans une optique
décroissansiste;   des moments  de détente, de partage d' informations et d' expérience.
Une expérience que de nombreux participants ont souhaité qu' elle se renouvelle l' an prochain.

LA DECROISSANCE EN 10 THEMES : POURQUOI ?
    
Le choix de nous réunir autour de dix thèmes était un choix collectif. Il avait pour but d'esquisser
un projet qui remet en cause le système actuel, porteur d'aliénations, d' injustices et destructeur de la planète.Ce projet est une rupture avec l' idéologie dominante, donc avec la société de consommation, si inégalitaire et destructrice.

Augmenter la production, en réduisant au maximum les salaires, en sacrifiant la qualité des produits, en polluant, en mettant en jeu notre santé, c' est le credo du système. Depuis les débuts de l' ère industrielle, celui-ci n' a jamais eu pour finalité la satisfaction des besoins essentiels. Par contre, il a réussi à susciter de nouveaux besoins, afin d' augmenter sans cesse la consommation.
Pour cela, il a utilisé le matraquage permanent de la publicité, sur les panneaux des villes et des villages, dans les journaux, puis à la radio et sur les écrans de télé. Il a donné aux produits une valeur sociale, un statut hiérachique. Il a suscité l'envie de posséder l'objet ( la voiture ou l' appareil dernier cri) pour que les gens puissent affirmer leur différence sociale. Depuis deux décennies, la perversité s'est aggravée: on a réduit la durée de vie des appareils, on les a rendus obsolètes au bout de quelques années ( c'est le cas des ordinateurs, des téléphones portables).On a favorisé les phénomènes de mode pour susciter l' achat. Pour rendre les produits plus séduisants et plus chers, on a augmenté les emballages, donc le volume des déchets, on a marchandisé les biens autrefois gratuits ( l'eau, l'espace). La publicité, les programmes anesthésiants des chaînes de télé généralistes, ont conditionné les gens. Les familles modestes ont perdu leur autonomie, pour acquérir les produits en vogue, en ayant recours aux heures supplémentaires, en s'endettant fortement auprès de leur banque ou de leur magasin, en empruntant à des taux très élevés.
Ainsi les plus modestes et ceux qui ne possèdent rien ont-ils sacralisé l' argent, autant que ceux qui le dépensent sans compter.
L'aliénation est si forte que les classes exploitées et leurs représentants ( les syndicats et la plupart des partis politiques ) réclament régulièrement  la relance de l' économie donc plus de production, pour permettre aux gens de mieux s'intégrer dans la société actuelle. Cela s'accompagne souvent du désir d' accéder à la classe sociale dite supérieure, et a pour conséquence la montée de l'individualisme au détriment des solidarités.
Cette conception, basée sur une croissance infinie, n'a pas réduit l'écart entre riches et pauvres, au contraire, elle a élargi le fossé.
C'est cette imposture que des penseurs alternatifs et écologistes dénonçaient déjà dans les années 60 et que reprennent aujourd'hui des militants engagés dans de multiples actions: contre la pub, en faveur des cultures libres, partisans de la décroissance.
Ces militants ne préconisent pas un retour en arrière, n'idéalisent pas la nature. Beaucoup d'entre eux pensent que le seul moyen de sortir de la crise de civilisation qui ne cesse de s' aggraver, c'est de rompre avec ce type de société.
La notion de croissance économique sans fin, avec ses critères de mesure actuels, est un instrument du libéralisme. Nous devons nous en détacher.
Renoncer à l' idée de croissance infinie, c' est aussi remettre en cause la conception de l' homme dans la société industrielle, un homme coupé de la nature, englué dans la culture marchande, un homme dépersonnalisé par des tâches non épanouissantes, drogué par l' idéologie dominante, domestiqué par la hiérarchie, fiché par l'informatique, un homme déraciné, désenchanté.
Dans la société décroissante, la place du travail dans la vie de l'homme et de la femme, et la conception du travail salarié, doivent être repensées.
Quel progrès ont amené les avancées techniques, l' automatisation,  l' informatisation?  C'est le rythme de la machine qui s' est imposé aux travailleurs, 24 heures sur 24, en créant de nouveaux rythmes de vie, de nouvelles maladies professionnelles, psychologiques, des frustrations. La précarité, le chômage n' ont cessé de progresser, l' exclusion a gagné du terrain.
Dans Les pays riches, une véritable religion du travail s' est créée; le travail est devenu la valeur sociale dominante, souvent il est la seule activité collective et même le seul moyen d' identité de soi.
Il existe dès à présent des îlots de résistance qui prouvent que l'on peut sortir de cette  logique. On peut agir en faveur de la culture plutôt que la consommer. Et le travail dépasse alors le cadre de l’économie traditionnelle.
Hannah Arendt a écrit que les besoins de première nécessité sont un moteur puissant parce que notre vie en dépend et qu 'en nous poussant à travailler pour les acquérir, le capitalisme était capable de se présenter en tant que système social.
Pour elle, le seul moyen d' être libre, c'est de s'affranchir de cet assujettissement.
Dans le même ordre d' idée, David Berry, théoricien alternatif, écrit que " le logiciel et la culture libre, qui se développent dans la communication (c’est à dire comme dans une conversation entre volontaires), semblent pouvoir ouvrir la voie à une production décentralisée, non-commerciale et collective, au sein de laquelle pourraient germer les graines d’une nouvelle politique - la politique des biens communs."
Le modèle capitaliste a réduit l'être humain à l'état de producteur/consommateur.
L'alternative consiste à retrouver tous les aspects non-économiques de l'existence humaine: la créativité, le développement des sentiments. L'art, la poésie, le spectacle vivant, la culture débarrassée de ses aspects mercantiles, la réactivation de liens entre individus , le brassage des cultures, doivent contribuer à ce réenchantement.
La critique radicale de la société, c' est aussi le combat contre les monopoles radicaux.Selon Illich, il y a monopole radical quand l'outil prend le contrôle intégral de la satisfaction du besoin:
-en matière de santé par exemple: l'institution médicale exerce un monopole. Or la santé ne peut pas se réduire à des prescriptions médicales, c'est une question complexe dans laquelle interviennent l'alimentation, le rythme de vie, l' environnement, etc..
-Autre exemple: l' éducation ne peut être réduite à l' Education Nationale et au système scolaire qui délivre des diplômes et accentue des inégalités sociales.
La transmission des savoirs ne se fait pas seulement à l'école, mais aussi dans les familles, les associations (notamment culturelles), les entreprises artisanales, etc...
Le projet que nous proposerons doit s' appuyer sur des initiatives existantes, ce qui renforcera sa
crédibilité.
(CE TEXTE CONSTITUE LA PRESENTATION DES RENCONTRES DE SAINT-NOLFF)
par Les Objecteurs de croissance62 publié dans : coc62
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Mardi 18 juillet 2006

DESARMEMENT ET LIBERTE OU LE POUVOIR ET LA TERREUR !

 

 

 

 

 

 

  A l’heure où s’inscrivent ces lignes, les armes participent plus que jamais, à la perpétuation d’un système mondial inégalitaire totalement déséquilibré ; à la persécution de millions d’enfants, de femmes et d’hommes ; à des millions de morts violentes et de blessures physiques et psychiques.

  Or, lesquels de nos représentants mondiaux ont le véritable courage de travailler aujourd’hui au désarmement planétaire ?

  Il y a bien à Genève une conférence du désarment permanente, qui siège d’ailleurs depuis 1932 sur ce sujet primordial, mais les traités d’interdiction, des essais nucléaires, des armes chimiques et bactériologiques, des mines antipersonnelles, n’ont été signés que par 61 pays et peu les appliquent réellement ?

  Ainsi, loin de montrer l’exemple en ce XXIème siècle, les puissances économiques et militaires, derrière les USA, continuent à pourvoir le monde en armes en tout genre et sont des dangers potentiels pour nombre de pays sur lesquels elles veulent garder la mainmise, sous couvert par exemple de sauvegarde, de leurs approvisionnements en matières premières ou de la démocratie.

  Il est temps que de vrais défenseurs de cette idée, s’il en existe au pouvoir ou parmi ceux qui briguent les honneurs de la représentation, dénoncent cet état de fait néocolonial que la puissance armée continue de maintenir au profit des seuls intérêts économiques et financiers.

  Qui sont les vrais terroristes sur cette planète ? A qui profitent ces crimes, menés par les détenteurs d’armes, sinon à ceux qui possèdent aujourd’hui le pouvoir politique, économique et financier de les fabriquer et les vendre ? Que penser d’une démocratie que la force impose au détriment des volontés populaires ?

  L’exemplarité d’un régime bienfaisant ne devrait-elle pas à elle seule permettre le développement et l’acceptation par l’humanité d’un modèle économique et politique ? Si ce n’est le cas, c’est sans doute que ses défauts sont encore trop nombreux et qu’il convient de l’amender plutôt que de vouloir l’imposer à tous !

  Seule la solidarité internationale et une réelle politique de désarmement mondial sortie de la dictature de l’économie et du marché pourront laisser entrouvrir la porte d’une paix universelle, durable et consensuelle !

  Or ceux qui nous gouvernent aujourd’hui et se réunissent au sein de ce club privé qu’est le G8 y ont-il intérêt ? Ne sont-ils pas accrochés à leurs petits pouvoirs et à cette illusion de puissance que donne la force armée ?

   C’est aux citoyens, qui souhaitent défendre l’idée d’un monde meilleur enfin pacifié et cristallisé autour du combat vital pour la survie de l’humanité face à la menace qu’engendre un système mondialisé inique et destructeur, de montrer le vrai visage de la démocratie ; en amenant enfin au sommet de la gouvernance mondiale des femmes et des hommes de bonne volonté qui ont laissé la terreur et son utilisation au rang des crédos politiques barbares.    

 

 

 

                                                                    Miguel TORRES

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Mercredi 12 juillet 2006
Vivement la décroissance !

  Les hommes et les femmes qui ont aujourd’hui le pouvoir de décision aux échelles planétaire et régionale montrent depuis des décennies une même incapacité à imaginer l’avenir. Sans augmentation de la population, sans croissance de la consommation, et au final sans développement de l'emprise de l’Homme sur la planète on ne peut penser, décider à moyen et long terme.
  Il est plus que temps d’analyser cette  incapacité voire cette volonté à ne pas réguler ce système économique du court terme, exploiteur et gaspilleur d’environnement, d’énergie fossile et humaine.
Nous ne devons plus ignorer ou feindre d’ignorer que la croissance infinie n’est pas possible dans un monde limité et que Mars n’est pas vivable.
  Par contre, et c’est essentiel, nous ne pouvons considérer que l’histoire soit terminée au regard de l’évolution actuelle ce serait dramatique pour la planète, le vivant et notre liberté.
  C’est pourquoi nous vous invitons à participer à la recherche d’une autre voie, plus humaine, plus solidaire, basée sur une éthique de responsabilité, pour sortir du dogme cannibale de la croissance !
  En effet, le bonheur peut-il se mesurer au pouvoir d'achat ? La richesse d’un peuple est-elle calculable à partir de son produit intérieur brut ou de la croissance boursière ? Ces écrans de fumée d’une organisation qui échappe à la majorité d’entre-nous doivent être dénoncés, déclarés obsolètes.
  Ainsi, réfléchir à une décroissance équitable c'est inviter l'Humanité, les citoyens à assumer leur responsabilité d'être conscient, en mettant notamment une limite à l’appropriation anthropique de la Terre.
  Nous ne devons plus ignorer notre attachement essentiel à l’environnement naturel, ce que le scientisme manipulateur de vie est en train de détruire par les OGM, produits phytosanitaires et autres pilules chimiques…Ces produits dont nous croyons ne plus pouvoir nous passer aux plus grands profits, d’intérêts particuliers et du pouvoir de quelques énormes et intoxicateurs consortium mondiaux !
Prôner aujourd’hui la décroissance c’est donc une façon de tenter d’arrêter cette machine infernale à ne plus penser et à détruire, qu’engendre l’actuel système économique. Les espoirs sont minces de stopper l’hémorragie écologique et sociale, mais nous y avons tous une part de responsabilité et nous ne pouvons plus nous voiler la face.
 Il nous faut donc sortir de l’aliénation consumériste et de l’hyperactivité, cette maladie de la croissance incontrôlée qui caractérise bien une société occidentale courant dans et vers le vide.  Une thérapie collective qui doit partir de chacun d’entre nous afin de redonner du sens à la démocratie et au monde qui nous entoure.

             Miguel TORRES
par Les Objecteurs de croissance62 publié dans : coc62
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